À la une !

    Feuille de route #11

    Lundi 13 février 2012, aux alentours d'une heure indue, par Carole

    Depuis sa création en septembre 2005 ce blog fonctionne sur le mode 1 livre = 1 billet.
    Hélas, je ne suis plus en mesure de suivre le rythme et j’ai décidé de m’inspirer de la rubrique d’Acr0 et de ses indispensables Ronds de Sorcière.
    Cela me permettra d’évoquer ici toutes mes lectures, sans avoir besoin d’y consacrer un temps que je n’ai plus. La fréquence des feuilles de route sera variable et aléatoire.

    Le Waldgänger – 4, 5 & 6

    Auteur : Jeff Balek ~ Ma note : 4
    Lu : 2/2012
    sur Sony PRS-T1

      

    Après avoir lu les trois premiers épisodes au fur et à mesure de leur sortie, j’ai opté pour une lecture groupée pour les trois derniers. On retrouve donc Blake alias le Waldgänger toujours en plein mystère, semant la mort et la violence autour de lui. Certes, le format ne prête pas à une introspection très poussée de la part des personnages, nous restons dans l’action, le mouvement, le tout est très visuel et l’impression de lire un comic sans image est omniprésente tout au long de la série. Toutefois les questions que se pose Blake trouvent finalement leurs réponses, et l’on pourra regretter la relative brièveté de la série qui donne envie d’une suite. Les personnages et le rythme, le style efficace et sans fioriture contribuent faire du Waldgänger une saga prenante et efficace, enrichie par un univers développé « hors-texte », que je vous invite vivement à explorer en suivant les liens ci-après :
    Télécharger le livre | Le Projet | Devenir Citoyen de Yumington | Rejoindre la communauté | Hopkins

    Allumer le chat

    Auteur : Barbara Constantine ~ Ma note : 4
    Lu : 2/2012
    sur Sony PRS-T1

    Barbara Constantine a l’avantage de sortir de l’ordinaire. Elle possède un ton bien particulier, une vision du monde pleine de poésie et de tendresse. Avec Allumer le chat, nous découvrons une galerie de personnages toujours aussi attachants, toutes les générations se côtoient, et les secrets de familles ont la part belle. Notons le personnage fascinant du chat, philosophe à ses heures.

    À Mélie sans mélo

    Auteur : Barbara Constantine ~ Ma note : 4
    Lu : 2/2012
    sur Sony PRS-T1

    Encore une fois l’univers de Barbara Constantine nous enchante. Du drame, de la poésie, de l’humour, de la tendresse, un peu de tout ce qui fait la vie finalement, mais sans jamais tomber dans la mièvrerie. Des personnages toujours hauts en couleur et le mélange des générations font partie de la recette et la mayonnaise prend encore et toujours, parce que l’auteur propose une vision optimiste et poétique de la vie et des gens, en toute simplicité et avec beaucoup de sincérité.

    Sonne le glas de la terre

    Auteur : James P.Blaylock ~ Ma note : 2
    Lu : 2/2012

    Oui, bon. On dit qu’il s’agit du meilleur roman de Blaylock. Je ne connais pas les autres, mais ce n’est pas celui-ci qui va m’inciter à explorer son œuvre. Dans une petite ville de Californie, quelques jours avant Noël, le sonneur de cloche meurt écrasé par la cloche sabotée, le curé est agressé dans sa sacristie, un homme d’affaire est victime de combustion spontanée, et Walt Stebbins, honnête citoyen, reçoit par erreur un colis qui ne lui est pas destiné. Le curé s’allie au pasteur, et démarre alors une lutte contre le Mal assez grotesque. L’ambiance hésite entre le conte et la farce, l’aspect fantastique et mystérieux ne m’a absolument pas convaincue, et la pseudo-morale « l’argent c’est le Mal, et pour « tout se paie » m’a fortement fatiguée. Le héros principal est particulièrement insipide et ne contribue pas à relever le niveau d’un roman déjà peu consistant.


    La caverne des idées

    Dimanche 5 février 2012, aux alentours d'une heure indue, par Carole

    • Auteur : José Carlos Somoza
    • Ma note : love
    • Lu : février 2012

    4e de couverture

    Un éphèbe est retrouvé mort dans les rues d’Athènes. Son ancien mentor à l’Académie sollicite les services d’un fin limier : Héraclès Pontor, le Déchiffreur d’Enigmes. Le philosophe platonicien et cet Hercule Poirot à l’antique s’emploient avec passion à trouver la Vérité et, accessoirement, le coupable. Car la joute philosophique se superpose à l’investigation policière, tandis que les crimes s’enchaînent.
    L’histoire de ces crimes est aussi l’histoire d’un manuscrit qu’un traducteur retranscrit sous nos yeux, l’annotant inlassablement en pensant l’éclairer, ignorant que son destin de personnage est d’établir la revanche de la littérature sur la philosophie, de démontrer que seule la fiction contient toutes les vérités du monde.
     
    Mon avis

    J’ai eu du mal à choisir ma lecture après avoir lu Clara et la pénombre, j’ai donc fait simple en ne prenant pas de risque, et en lisant un autre Somoza. Cette fois il nous expédie à Athènes, où l’on croise un Hercule Poirot antique et Platon, rien de moins. Tout commence par la mort d’un éphèbe, et l’inquiétude de son mentor qui s’interroge sur les derniers jours de son jeune élève. Il fait appel aux services d’Héraclés Pontor (ahah !), Déchiffreur d’énigmes, un homme sympathique mais peu enclin aux émotions et fervent adepte de la Raison et de la Logique. L’enquête est parsemée de notes de bas de page, toutes de la main du traducteur qui travaille sur La caverne des idées. Il nous fait part de ses réflexions, nombreuses, sur ce texte qu’il soupçonne de dissimuler un autre sens par le biais d’un procédé littéraire inventé par les auteurs grecs nommé éidésis, (imaginé pour la circonstance par ce petit plaisantin de Somoza). Le traducteur ne tarde pas à être obsédé par ce qu’il imagine être la clé du récit, et dérange parfois le lecteur avec ses élucubrations. La construction du récit est originale et risquée, mais on est vite pris par le délire apparent du traducteur et on finit par rentrer dans son jeu. L’enquête d’Héraclès d’un côté, les interventions du traducteur de l’autre, tout s’imbrique sur plusieurs niveaux, jusqu’à la résolution de ce qui, malgré un fond philosophique assez profond, est une véritable enquête policière. Mais que dire de la conclusion du traducteur ? A-t-il trouvé la clé ? Trop en dire sur ce roman (encore) hors norme de Somoza serait criminel.


    Clara et la pénombre

    Dimanche 5 février 2012, aux alentours d'une heure indue, par Carole

    • Auteur : José Carlos Somoza
    • Ma note : wouah
    • Lu : janvier 2012

    4e de couverture

    2006. Dans ce futur dangereusement proche, la représentation des corps ne fait plus recette au sein du marché de l’art, qui cote désormais des toiles humaines. Signées par de grands maîtres, elles sont louées, vendues, manipulées, livrées à tous les regards, à tous les fantasmes.
    Clara est modèle. Elle rêve d’être peinte par le dieu de l’art hyperdramatique : Bruno Van Tysch. Mais, tandis que la jeune toile est apprêtée dans un pavillon isolé des abords d’Amsterdam, la Fondation Van Tysch est en émoi. Une œuvre de grande valeur a été dérobée et détruite par un mystérieux meurtrier qui officie suivant des rites affreusement artistiques.
    A la manière de Rembrandt, José Carlos Somoza dépeint de violents clairs-obscurs. Les déviances de l’art font écho aux dérives de nos sociétés, et les contrastes de ce magistral jeu de lumière conduisent chacun à mesurer le prix du beau à l’aune de la valeur du vivant.

    Mon avis

    J’ai découvert Somoza avec La théorie des cordes, puis avec La Dame no 13. L’auteur ne cachait déjà pas une bonne part de folie et de génie. Pour un ancien psychiatre on ne pouvait espérer moins. Avec Clara et la pénombre, il propose à nouveau un univers bien particulier, raffiné, un style délicieux, qu’il met au service de propos abominables. Car si l’on se penche sur le fond, à savoir une forme d’art qui implique la soumission physique et mentale d’êtres humains, il y a de quoi frémir. Somoza invente l’art hyperdramatique pour le plus grand plaisir du lecteur, il tisse autour de cette forme d’art tout un réseau très réaliste de réflexions et tout nous paraît d’une crédibilité imparable. Le milieu du marché l’art est particulièrement bien vu, et la vision artistique et picturale magnifiquement retranscrite. Somoza a réussi à peindre un roman fascinant, à l’instar de ses personnages qui peignent des humains sur plusieurs plans. On oscille entre un monde réaliste et un monde où certains tabous seraient tombés, cet écart subtil illustre l’adresse et le génie de Somoza à raconter dans un langage magnifique des choses que lui seul pouvait imaginer.